Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 14:09
1    [...] "Qu'est-ce que la matière ?
2    Durera-t-elle toujours ?"
3    L'Enseigneur répondit :
4    "Tout ce qui est né, tout ce qui est créé,
5    tous les éléments de la nature
6    sont imbriqués et unis entre eux.
7    Tout ce qui est composé sera décomposé ;
8    tout reviendra à ses racines ;
9    la matière retournera aux origines de la matière.
10  Que celui qui a des oreilles pour entendre entende."
11   Pierre lui dit : " Puisque Tu te fais l'interprète
12  des éléments et des événements du monde, dis-nous :
13  Qu'est-ce que le péché du monde ?"
14  L'Enseigneur dit :
15  "Il n'y a pas de péché.
16  C'est vous qui faites exister le péché
17  lorsque vous agissez conformément aux habitudes
18  de votre  nature adultère ;
19  là est le péché.
20  Voilà pourquoi le Bien est venu parmi vous ;
21  Il a participé aux éléments de votre nature
22  afin de la ré-unir à ses racines."
23  Il continua et dit :
24  "Voici pourquoi vous êtes malades
25  et pourquoi vous mourrez :
26  c'est la conséquence de vos actes ;
27  vous faites ce qui vous éloigne...
28  Comprenne qui pourra."


(Evangile de Marie, page 7)

On peut traduire "Enseigneur" par "Sauveur". De quoi l'homme doit être sauvé ? De son ignorance, de son oubli de l'Etre, d'où il vient, où il va. Le salut est ainsi avant tout une connaissance, un enseignement qui rend l'homme "libre" de ses attachements et de ses identifications à ce qu'il n'est pas réellement. Ici, en l'occurence, la matière. Aucune idolâtrie de la matière n'est plus possible ; relativiser ainsi la nature des choses va nous permettre de mieux les aimer, avec ce "regard eloigné" et "ce coeur détaché" qui sont les symptômes d'une authentique "santé de l'âme".

"Il n'y a pas de péché. C'est vous qui faites exister le péché..."
Cette parole peut-être interprétée à différents niveaux.
"Il n'y a pas de péché. Il n'y a que des pécheurs." Le corps, le monde, la matière ne sont pas le péché ; Donc la matière n'est pas mauvaise, ni rien de ce qui existe dans le monde ; le corps, la sexualité ne sont pas mauvais ni "péchés".
Le péché alors n'est ni dans les choses ni dans un élément du composé humain ou du composé cosmique, il est bien dans l'utilisation que nous faisons de ces différents composés. Il est une désorientation du désir. Par un mauvais usage de nos sens, de notre intelligence, de nos sentiments "désorientés", nous pouvons nous pervertir.


Que signifie "agir conformément aux habitudes d'une nature adultère" ?  Il s'agit d'agir conformément à des habitudes, à des modes de pensée qui sont devenues comme notre "seconde nature", une nature qui s'est superposée à notre nature véritable, "innocente", un revêtement de projections, d'à priori, de jugements plus ou moins hérités de notre entourage et que nous utilisons sans le moindre souci d'analyse ou de vérification pour savoir si ce prisme à travers lequel  nous décryptons le réel nous renseigne bien sur le Réel ou au contraire nous le cache.
Le mot adultère n' a ici évidemment aucune connotation sexuelle. L'adultère dans la Bible, c'est l'idolâtrie. Prendre pour le Réel ce qui ne l'est pas.

Selon l'Evangile de Marie, c'est pour nous sortir de cette ignorance qu'est l'identification (l'adultère) que l'Enseigneur vient parmi nous, Il est l'incarnation, la mise en pratique du Bien, son Visage.

Le Bien est la manifestation de la grande Triade vénérée par les sages et les saints : la Vérité, la Bonté, la Beauté.
Le Bien est leur unité.
  - Qu'est-ce qu'une bonté qui ne serait pas aussi lumière, conscience, vérité ?
   Une mollesse, un laissez-passer pour toutes les complaisances.
  - Qu'est-ce qu'une vérité qui ne serait pas aussi bonté, amour, compassion ?
   Une dureté, un laissez-passer pour tous les fanatismes et toutes les inquisitions.
  - Qu'est-ce qu'une beauté qui ne serait pas aussi l'expression d'une vérité et d'une bonté ?
   Un esthétisme, un laissez-passer pour tout ce qui brille et n'éclaire pas, un jeu d'artifices.

   Le Bien est 
l'intégration du Beau, du Bon et du Vrai. Il est l'Un, laissez-passer pour l'Etre. Cet Etre qui ne peut se manifester que dans la vacance d'un coeur, d'un corps et d'une intelligence vidés de toute illusion.

La parole de l'Enseigneur est exigeante et libératrice , vous êtes malades, arrêtez d'accuser votre petite enfance, vos parents, la société, l'Eglise, le "monde mauvais" etc., ne vous accusez pas vous-mêmes : vous êtes la conséquence de vos actes.
C'est par nos actes que nous nous transformons et que nous pouvons espérer une vie meilleure.
Ce que nous faisons éveille-t-il en nous le Bien, un comportement où le vrai, le bon, le beau sont "Un", ou au contraire vivons-nous de plus en plus dans le mensonge, l'amertume, la méchanceté, la violence, la jalousie, le dégoût, la laideur, le malpropre ?


(Source :  "Evangile de Marie, myriam de Magdala", Jean-Yves Leloup, ed. Spiritualités vivantes)


Par fidélis - Publié dans : citations - Communauté : Communauté des Consciences
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Recommander

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés